Sophie Lanctôt


29 April – 15 May, 2022

Produit Rien

6909 rue Marconi Montréal H2S 3K2

« of 3 »

Il y a une sagesse du végétal, une forme d’ouverture de l’âme qui se produit dans le côtoiement quotidien des plantes et des arbres, et c’est à ce titre qu’il faut donner sa confiance dans l’avenir : en plantant des arbres partout et sans relâche, en conservant le plus grand nombre possible de forêts anciennes, en trouvant des moyens autres de production, on arrivera peut-être, au bout de quelques décennies, ou quelques siècles, à cette révolution végétale dont la Terre a profondément besoin. De toute façon, a-t-on vraiment le choix?

Étienne Beaulieu, Splendeur au bois Beckett

Dans un esprit de soutien à la révolution végétale, la moitié du montant de chaque dessin vendu a été remis à la Coalition du Mont-Kaaikop, un collectif citoyen bénévole qui vise à lever des fonds pour obtenir la préservation naturelle et permanente des vieilles forêts du Mont-Kaaikop. https://www.kaaikop.com

Une histoire fragmentée

Table des matières (dans le désordre) : Un tableau de Suzor-Côté (Lever de lune, 1910), quelques pages hautement trafiquées d’un vieil album photographique et une centaine de dessins jouant sur la figure du pin, cinq toiles évoquant des motifs analogues (dont certaines intègrent des extraits de textes de Duras ou de Rilke), une vidéo qui surfe sur les vagues des archives retouchées où, dit le commentaire poétique de Diane Régimbald, qui accompagne les images, «de l’hiver à l’été / les figures s’inventent / d’espace en espace / On dirait que les poses composent l’histoire»…

Comme cela s’était produit au Symposium de Baie-Saint-Paul, l’an dernier, Sophie Lanctôt travaille à partir de fragments, et elle montre encore que les histoires fragmentées sont souvent les plus conviviales. Ici, les personnages évanescents de l’album, brouillés, voilés ou effacés — Baudelaire ne parlait-il pas de «l’immense et compliqué palimpseste de la mémoire» — composent avec les figures éternelles des pins que l’artiste transforme en une suite de signes qui, ainsi présentés, jouxtent l’abstraction, évoqueraient une écriture à idéogrammes, une calligraphie moins sage qu’il y paraît à première vue,  sans cesser de faire naître un foisonnement de personnages et de récits. (Faut-il rappeler que la Montagne Sainte-Victoire était le personnage principal de l’œuvre de Cézanne, qu’il lui arrivait même de dialoguer avec un Grand Pin.)

Gilles Daigneault

Notices biographiques

Gilles Daigneault exerce une activité de critique d’art depuis près de cinquante ans. Il a travaillé notamment à la revue Vie des arts, dont il a été rédacteur en chef adjoint pendant les années quatre-vingt; au journal Le Devoir, de 1982 à 1987, et au réseau FM de Radio -Canada, pendant une vingtaine d’années. Il a souvent agi comme commissaire indépendant pour le compte de divers musées, centres d’exposition et galeries, au Québec et à l’étranger. À ce titre, il a signé plusieurs catalogues d’exposition. Il vient de prendre sa retraite comme directeur de la Fondation Guido Molinari, poste qu’il occupait depuis 2004.

Sophie Lanctôt vit et travaille à Montréal. Elle a étudié à l’université Concordia et a obtenu, en 1987, une maîtrise en peinture. Plusieurs fois boursière du Conseil des Arts du Canada et du Conseil des arts et des lettres du Québec, elle expose régulièrement à Montréal et a aussi présenté son travail à Toronto et Palma de Mallorque. Elle a réalisé plusieurs projets dans le cadre de l’Intégration des arts à l’architecture. Ses œuvres font partie de collections privées et publiques dont celles de la Ville de Montréal, la Banque d’œuvres d’art du Conseil des arts du Canada, la Collection prêts d‘œuvres d’art du Musée de Québec. Elle a enseigné en arts visuels au Collège Jean-de-Brébeuf de 1990 à2022. Son travail récent s’intéresse à ce qui s’efface et se transmet de notre passage à travers les mots, les images, les archives réelles ou réimaginées.